En regardant Louise Michel à la télé dernièrement, interpretée par l’excellente Sylvie Testud, cela m’a amené à faire la comparaison avec la politique, et les rapports des politiques avec le peuple, tels qu’on les vit aujourd’hui.
Pour resituer, Louise Michel c’était une femme engagée, révolutionnaire active pendant les événements de la commune de Paris (1870). Arrêtée et déportée en Nouvelle-Calédonie en 1871, elle y découvrira la pensée anarchiste avant de revenir à Paris en 1880.
Le film nous remet en mémoire toute la cruauté du contexte de l’époque, mais il est centré sur l’après commune de Paris et sur la vie des déportés… exprimer alors simplement sa pensée, certes de façon énergique (insurrection violente , barricades, prise des canons du 18 mars..) était passible de fusillade, d’envoi en déportation ou au bagne en Nouvelle-Calédonie. Un sort donc terrible, pour une époque troublée.
Aujourd’hui, lorsque des débordements arrivent dans nos démocraties apaisées, et je pense par exemple aux actions d’anarchistes ou simplement de contestataires lors des rassemblements des grands de ce monde, le traitement qui leur est réservé est nettement plus doux. Bien sur je remarque la stupidité de leurs démarches, parce que cette violence là, gratuite, ne résoud rien.
à l’époque actuelle, notre pays est pacifié, et nous nous exprimons seulement à l’occasion des différents votes. Mais alors que nous risquons moins, nous ne protestons plus… ce n’est pas les 2-3 manifestations du début 2009 qui ont eu un quelconque effet !
Du coup, la finalité de ces réflexions c’est que je me demande comment nous avons pu perdre le courage de défendre nos convictions.
Pourtant, on entend dans les conversations ” mais quand est ce qu’on va descendre dans la rue”, “ça ne peut plus durer”; ” ça va finir par péter” etc.. et c’est vrai qu’il y a matière à ne plus vouloir supporter. L’argent trop cher (ça l’euro nous a stabilisé à l’échelle européenne mais nous a enfoncé aussi), les payes trop faibles, le nombre de pauvres croissants, de sans domicile, les agriculteurs qui crèvent… Un président qui n’en est plus un mais un chef de clan, des institutions mises à mal…
Sans parler de révolution, je ne suis même pas certain qu’un mouvement général tel qu’en 1936, apte à faire radicalement changer des choses (à ce propos j’attends de voir ce qu’il va se passer lors des discussions sur les retraites), serait encore envisageable aujourd’hui… Nous sommes résignés. Il n’est que de constater l’abstention record aux élections, qui sont pourtant notre moyen de faire entendre notre voix un minimum. L’avenir n’est pas réjouissant.
Cela dit, puisque justement nous sommes dans les régionales (14 et 21 mars pour rappel) j’ai participé en déposant des tracts, et en en proposant sur le marché, pour le Modem. C’est la 1ère fois que je le fais. Histoire de donner peut-être l’envie aux gens, la suite me montrera si cela a un tant soi peu porté…
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